28 septembre 2007

PELERINAGE A SAN PERE DE RODA

Quand vient la fin de l'été, traditionnellement, depuis deux décennies, j'effectue un pèlerinage à pieds jusqu'au monastère de San Pere de Roda qui domine la jolie baie de Port de la Selva, simplement pour remercier le ciel d'être toujours debout, bien droit sur mes jambes, avec mon regard qui continue à s'étonner de la beauté paisible du monde. Je laisse à quai mon petit compagnon du vent pour la journée...

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Il existe de nombreux itinéraires pour se rendre au Monastère.

On peut partir du Club Nautique de Port de la Selva,

longer la mer jusqu'au Camping de la Vall (40mn).

Au camping, on tourne le dos à la mer

pour prendre la direction du joli village de La Vall (20mn).

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Lorsqu'on arrive au village de La Vall de Santa Creu,

particulièrement aux derniers jours de Septembre,

on a l'impression que le temps s'est arrêté.

Pas une voix, pas un passant, et pourtant, à l'entrée du village,

un petit restaurant est ouvert.

Comme chaque fois que je m'y arrête,

je suis le seul client...

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C'est mon premier restaurant de l'été. Je fête simplement la fin de la saison, je lève mon verre au ciel qui me donne la chance d'être là. Au menu, salade du chef au chèvre chaud, côtelettes d'agneau, vino blanco de la casa, (il a une robe de bal, c'est tout simplement des larmes de soleil tombées dans mon verre), agua minéral sin gas...

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Quand Gisela m'apporte le café,

je sais qu'il me reste 1 heure de marche

par un petit sentier rocailleux pour arriver au pied des crêtes...

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C'est un petit vin blanc, qu'on boit sous les tonnelles,

quand les filles sont belles, du côté de La Vall...

(photo réalisée sans trucage)

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Je finis mon café, et le vin,

je savoure l'air frais qui court sous la tonnelle

en faisant bruisser les feuillages des micocouliers,

des amandiers, et des oliviers...

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Les oliviers témoignent de l'aridité de cet été 2007.

Très peu de pluie sur  la zone, du vent,

de la fraîcheur et une température de la mer

inférieure de 2° aux moyennes saisonnières...

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Lu dans le bulletin d'actualité du Baix Empordà :

En août, la température moyenne de l'eau de mer était près de 1,8° C  sous la valeur moyenne des quinze dernières années. Le 25 août on mesurait 21,5° dans L'Estartit, la moyenne annuelle à cette période était de 23,3° entre 1990 et 2004. En 2006 des températures de l'eau de plus de 25° étaient même relevées devant L'Estartit. Effet secondaire agréable de ces "basses températures" : les bancs de méduses attendus et craints ne viendront pas cette année sur la côte. Les pêcheurs qui avaient été engagés pour leur prise, avaient peu à faire et si quelqu’un a été piqué quand même par une méduse avait simplement eu de la malchance. Pour les températures de l'air en août, il n'y a encore aucun chiffre officiel, celles-ci seront selon toute vraisemblance également nettement sous la moyenne des dernières années.

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Si j'ai ressenti la fraîcheur des eaux cette année,

j'ai pu constater malgré tout une invasion de méduses fin-juillet

au fond de la baie de Port de la Selva.

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Quand je quitte ce petit restaurant, mon agua mineral sin gas est intacte.

Je demande à Gisela "un tapon", un bouchon de liège,

et voilà la bouteille de " Font Vella " dans mon sac.

Sur les chemins,

quand on monte vers le ciel par les sentiers de pierres,

il ne faut pas oublier sa bouteille d'eau.

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Petit tour de village avant le chemin de pierres...

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chalutier

Pas foule dans les ruelles, ni près de la fontaine,

juste un petit chien qui voudrait bien me suivre...

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Derrière tes barreaux, pour quelques mots que nous pensions si fort...

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La route est longue longue longue, chante si tu es fatigué,

tu marcheras des heures entières sous le dur soleil de l'été...

Soleil timide aujourd'hui,

avec quelques bourrasques fraîches de tramontane,

et même en prime une petite giboulée,

comme dans un ciel de Mars...

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Quand on s'élève au dessus de La Vall,

les arbousiers et les chataîgners font place aux oliviers et aux micocouliers.

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A chaque fois, la nature défigurée par les grands incendies

finit par reprendre le dessus. Les blessures des flammes demeurent,

puis les spectres des arbres se dégradent,

retournent à la terre d'où renaissent de nouvelles pousses,

qui ont rarement le temps de prendre un âge vénérable...

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La seule différence entre moi et un fou, c'est que je ne suis pas fou.

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Lorsqu'on se rapproche de la ligne de crêtes,

se découpe sur la droite, vers le Nord, les lignes d'une  petite chapelle.

Sur la gauche, vers le Sud,

le Monastère de San Pere de Roda dresse ses tours austères...

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Quand on s'élève davantage au-dessus du monastère,

il faut encore une vingtaine de minutes

pour arriver au plus haut de la crête et découvrir le panorama

sur la baie de Rosas et la plaine de Figueras.

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A l'extrème Sud de la baie de Rosas, coup de zoom sur les îles Mèdes au large d' Estartit. Vous  y découvrirez les merveilles naturelles de la Méditerranée originelle. J'ai vécu en Août une belle rencontre au large de l'île Massa de Oro, une concentration d'une centaine de dentis majestueux dans leur robe rose pâle : un ballet paisible orchestré par des spécimens de 4 à 6 kilos... Je n'avais jamais vu cela auparavant, même dans les films du Commandant Cousteau...

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17 heures 30 minutes et 6 secondes à ma Pulsar waterproof à quartz ce mardi 18 Septembre 2007. L'heure d'entamer la descente vers Port de la Selva. Cette montre a une histoire : Un samedi de Février 2001 (?), je suis en attente de mon vol Air France Orly/Pointe à Pitre. Je dois reprendre le travail le lundi à bord d'un navire à passagers. L'avion étant surbooké, on propose aux passagers acceptant de décaler leur vol au lendemain dimanche, une indemnité conséquente, ce qui m'a permis de passer une nuit de plus sur la terre ferme et de m'offrir cette jolie montre qui tourne comme une horloge...

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Quand on a fini de dévaler le chemin abrupt et pierreux, à l'orée de Selva de Mar,

des vignes peuvent offrir au marcheur courageux quelques grappes gavées de sucre,

oubliées par les vendangeurs...

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Au village de Selva de Mar, ne pensez pas ce chat figé dans la ronde des vents...

Il est prêt à bondir sur l'oiseau imprudent...

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Dans la nuit qui suivit, le vent du Nord essoufflé s'est endormi dans les vallons, entre mer et montagne. La brume si rare dans cette contrée, est venue poser son voile de mystère sur une saison soudainement engourdie, masquant la vue bien avant la ligne de crêtes... Mais de ce côté là de la Catalogne, le vent du Nord n'est jamais loin pour reprendre sa chanson de tourmente. Il va courir bientôt encore des crêtes jusqu'à la mer, emportant bien au-delà de l'horizon mes pensées vagabondes.

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Pour les marins exclusivement :

Quand on a le mal de mer, plusieurs solutions : on reste à terre, ou bien on prend de la nautamine, cela fait dormir et n'empêche pas à coup sûr de rendre ce qu'on a pu prendre... Mais le secret des secrets, ne le répétez à personne, vous faites comme moi, vous embrassez la carrière de marin, si possible celle de capitaine, et vous prenez la mer sans compter, quel que soit le temps. Tout se passe dans l'oreille interne : elle est constituée en partie d'un tissu qui s'apparente à des cristaux liquides... Quand votre corps bouge, ces "cristaux" bougent de façon synchrone... Quand les mouvements sont inhabituels ou plus forts que de coutume, les "cristaux" peuvent réagir de manière anarchique et désordonnée... C'est l'origine basique du mal de mer. Et bien, sachez que plus vous naviguez, plus vos cristaux "se musclent", s'organisent et apprennent à vibrer en cadence, dans un rythme équilibré et ordonné...

Pour les mélomanes avertis uniquement :

me_marier et d'un, 

perdre_la_memoire et de deux.

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Dans les vieux bistrots des faubourgs
De Brest de Marseille de Cherbourg
Les nuits sont toujours aussi longues

Parfois le vent qui vient du port
Entraîne avec lui des accords
Qui me parlent du bout du monde

Allez envoyez la musique
On va danser pour oublier
Que je ne connais de l'Afrique
Que des photos un peu fanées

Ce soir je reprends mes chansons
Mes vieux rêves et mes illusions
Ce soir moi je pars en voyage

Je donne à la nuit mon cafard
Ce soir on va rire on va boire
Je vais retrouver mes mirages

Allez envoyez la musique
On va danser pour oublier
Que les vaisseaux de l'Atlantique
N'ont jamais voulu m'embarquer

Maintenant le petit matin
Qui semble revenir de loin
Emporte ma nuit d'espérance

Je le sais aujourd'hui encore
Je vais aller voir sur le port
Les yeux des marins en partance

Allez envoyez la musique
On va danser une dernière fois
Ça n'a vraiment rien de tragique
Je partirai une autre fois

Allez envoyez la musique
On va danser une dernière fois
Ça n'a vraiment rien de tragique
Je partirai une autre fois
Je partirai une autre fois

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La vie est une succession de pèlerinages.

Des collines et des montagnes à gravir

au rythme de ses pas...

 

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Posté par chiloedream4 à 15:16 - Permalien [#]